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« Après avoir travaillé une dizaine d’années dans les ateliers de décors à Montréal, j’ai démarré ma propre entreprise de peinture artistique, les illusarts. Ma spécialité était les grands formats, des murales commerciales et résidentielles, avec un penchant pour la décoration de chambre d’enfant. Un an plus tard, je contractais la bactérie mangeuse de chair. J'ai survécu, mais j'y ai perdu mes jambes et le pire cauchemar pour une artiste peintre, j'ai dû me faire amputer les deux mains. Sans baisser les bras, j'ai choisi de remonter mes manches et de réapprendre à peindre à l'aide de prothèses. J’ai dû adapter mon art et les formats sont passés d’immenses murs à des toiles tenant sur un chevalet.

À travers mes oeuvres, je cherche à faire ressortir la beauté de la vie dans toute sa simplicité, et ce, malgré ces côtés plus obscurs. Toujours figuratif, j’aime illustrer une émotion, un rêve ou les nombreux petits deuils que j’ai eu à faire en utilisant des éléments réels parfois placés dans un contexte irréel. Deux types de peinture à l’acrylique se retrouvent dans mon porte-folio ; il y a les toiles aux couleurs vives et éclatantes présentant d’habiles dégradés où je célèbre la vie à ma manière. Et il y a celles qui affichent des teintes monochromes de gris où je transpose la tempête que j’ai vécue et mes difficultés au quotidien. Ces tableaux plus sombres sont toujours rehaussés d’une touche de couleur contrastante pour symboliser l’espoir, l’amour, le bonheur. Une ligne d’horizon se retrouve dans pratiquement chacune de mes œuvres rappelant les bases solides de l’amour et la passion sur laquelle je peux m’appuyer. »

« Enfant, je dessinais beaucoup. J’aimais tout autant lire et relire mes bandes dessinées préférées, bercée par les illustrations d'Uderzo, Roba et Franquin. À l’âge de douze ans, j’ai publié mes propres bandes dessinées « Les aventures de Roger » dans le journal local. J’illustrais de courtes blagues, inspirée par les jeux de mots de mon grand-père. Les histoires loufoques mettaient en scène un joyeux luron avec un gros nez en nuage. Et j'ai continué de dessiner...

Illustrer des livres pour enfants a toujours été un rêve pour moi. Lorsque j'ai perdu mes deux mains, j'ai bien cru que jamais je ne pourrais l'exaucer! C'est un bonheur indescriptible que d'illustrer de belles histoires à l'aide de ma tablette graphique. Cet outil technologique est d’une grande utilité pour moi. J’ai bien tenté de dessiner sur une feuille de papier, mais lorsque vient le temps d’effacer, il ne reste plus qu'une boulette toute froissée! Cela me permet aussi de prendre un petit congé de mes tubes de peinture à dévisser, sans compter la tâche de nettoyage inexistante avec le crayon numérique! J’adore toutes les possibilités que m’apporte ce médium qui m’ouvre tant de nouvelles portes!

J’ai illustré deux albums jeunesses publiés aux Éditions les Z’ailées « Le défi d’Oscar et Henri au cœur de la forêt » et « Baboune dans les montagnes du Japon » écrits par l’auteure Nicole Lebel. J’ai également illustré un livre tiré de la pièce de théâtre « Vieux chaudron et bottes de pluie » pour le Théâtre Parminou. »

« Alors que je me battais pour ma vie, Alin, impuissant, s’est mis à écrire afin de libérer un peu de pression accumulée par l’angoisse et le chagrin de me voir dans un sale état. Puis, au gré de l’évolution de ma santé, ces textes touchants et empreints d’un amour puissant se sont tranquillement teintés de positivisme et d’espoir. L’idée d’écrire notre histoire est arrivée très tôt dans le processus de guérison. J’étais toujours rattachée à mon propre cadavre que déjà, Alin avait trouvé le titre de notre premier livre : “Quand l’Everest nous tombe sur la tête”. L’écriture s’est alors transformée en une enquête détaillée des évènements nous permettant de faire le point sur notre nouvelle situation. Piqué par la passion de l’écriture, un deuxième livre a vu le jour : “RoboSol et la Cité invisible”. Une fiction remplie d’action qui met en lumière toute l’imagination et la créativité d’Alin qui a enfin trouvé son médium pour la partager.

J’ai toujours aimé écrire et je prends beaucoup de plaisir à le faire en collaboration avec mon amoureux, mais aussi à traduire en mot ce que je vis au quotidien au travers de mon blogue et d’un autre livre qui est en route. Alin aussi continue d’écrire et aussitôt qu’il en termine un, le suivant est déjà en chantier.

Et puisqu’un manuscrit est parfois éphémère dans la consommation effrénée de notre époque, nous avons créé la division Éditions les illusarts afin de toujours garder nos livres vivants et d’éditer ceux qui n’auront pas la chance d’être publiés chez une maison d’édition établie. »