La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

Pour acheter:

Cliquez pour accéderCliquez pour accéder

Suivez

Marie-Sol

sur les réseaux sociaux

Défi 3 km : réussi!

Posté le 28/10/2018

Au lendemain de mon 3 km, je me suis réveillée un peu courbaturée, mais ô combien fière d’avoir réussi mon défi! Drôlement, ce sont mes bras qui ont été les plus affectés par le trajet parcouru à l’aide de mes béquilles. J’ai eu beau blaguer sur le fait que je n’aurais pas d’ampoules aux pieds, ça n’a pas empêché mes moignons de frotter dans les emboîtures de mes béquilles! Comme un rappel de l’effort apporté, j’ai des ecchymoses sous les bras et deux petites cloques sur l’épiderme de ceux-ci. Mais vraiment rien de terrible. J’ai aussitôt pris conscience que l’importance que j’ai accordée à mon entraînement a été salutaire au défi, mais aussi à la récupération de ce dernier. Je m’attendais à vivre une “crise” de douleur fantôme à mes jambes, et non.

7 jours plus tard, je suis en parfaite forme et encore sur un nuage d’avoir réussi! C’est réellement gratifiant de repousser ses limites. Pourtant, je n’ai jamais pensé avoir l’âme d’une athlète. Bien sûr, j’ai toujours été passionné par les activités de plein air et j’adorais partir à l’aventure avec mon amoureux et nos enfants. Nous aimions gravir des montagnes en nous fiant que sur nos jambes. J’étais à ce moment-là, très loin de m’imaginer qu’un jour, j’allais avoir une tout autre pente à remonter…

Le proverbe “tranquillement, mais sûrement” a pris tout son sens pour moi. Depuis le mois de juillet, j’ai abordé ce défi à coup de 100 mètres. Sortir de chez moi sans fauteuil et marcher en bordure de route était en soi un bel accomplissement. Puisque je ne pouvais compter que sur moi-même pour revenir, j’ai entrepris de toujours aller un peu plus loin chaque matin. Je me suis d’abord fixée de minis-objectifs. Chaque entrée de cour, chaque poteau d’Hydro ou chaque bouche d’égout sur mon trajet a été un prétexte à me motiver à faire quelques pas de plus.

Mon garçon, Louis-Matis, s’inquiétait de me voir rencontrer une difficulté et a voulu m’accompagner. J’avoue avoir été sécurisé par sa présence et assurément comblé de passer ses moments avec lui. Puis, un matin où il avait mal à une cheville des suites de son précédent entraînement de soccer, je lui ai proposé de me suivre au volant de mon fauteuil électrique. Ça m’a permis de me pousser au maximum de mon énergie sachant que j’avais un “lift” de retour. Quelle ne fut pas notre surprise, autant à Louis qu’à moi, de ne pas en avoir eu de besoin! Je venais alors de compléter mon premier kilomètre!

Et l’école a recommencé, m’enlevant mon partenaire de marche au quotidien. Le 21 octobre était encore trop loin pour que j’arrête de m’entraîner. Les semaines qui ont précédé l’événement, j’ai marché avec une amie tous les mardis, et dans ma cour arrière les autres jours. La pelouse est une surface beaucoup plus énergivore et propice aux chutes. Un matin, je suis même tombée. Ma béquille était restée prise dans le gazon long et mon genou bionique a fléchi. L’autre a suivi. Mon chien a cru que je voulais jouer avec lui et a été si heureux! Jusqu’à ce qu’il ressente ma mauvaise humeur. Je ne m’étais pas fait mal, mais j’étais en colère! Il y avait des années que je n’avais pas chuté! Ma satisfaction a été de remonter seule sur mon fauteuil. Pour enrayer le sentiment d’insécurité, j’ai marché mes quatre tours de cour quand même.

J’ai préféré marcher dans les rues avoisinantes encouragées par mon amie Guylaine, une ultra-marathonienne (rien de moins!). J’avais oublié cette merveilleuse liberté de marcher tout en papotant de nos vies. Quel grand bonheur! Je me sentais affranchie de mon handicap les 30 premières minutes. Puis, la contrainte de mes prothèses me rappelait à l’ordre… mes pieds se désaxaient après 700 mètres et la transpiration annulant la succion nécessaire pour garder mes prothèses en place m’empêchait de continuer au-delà de mon record, soit 1.5 km. J’ai cru que le temps plus frais allait être mon sauveur, jusqu’à ce que j’attrape un sérieux mal de coup. Migraine et torticolis, la névralgie causée par le vent froid sur ma peau ruisselante de sueur m’a obligé à arrêter de marcher la semaine juste avant la course de l’Esprit sain.

J’ai craint de ne pas pouvoir être rétablie à temps. C'était si important pour moi de participer à cet événement organisé par le Jean-Coutu de Nicolet! Pas seulement parce que j’ai eu l’honneur d’être nommé la marraine de la 5e édition, mais parce que je tenais à démontrer que nous sommes plus forts que toutes les difficultés. Que la vie vaut la peine d’être vécue. Que l’être humain sait s’adapter quand on laisse le temps au temps. Les profits de la journée vont au Centre de prévention suicide Accalmie. Inutile de dire que la cause m’a interpellé. Non pas parce que j’ai déjà songé à mettre fin au cauchemar. Ça n’a jamais été une option pour moi. Beaucoup m’ont confié qu’eux, ils auraient souhaité mourir s’ils avaient été dans ma situation. Je voulais démontrer que malgré tout, j’ai une belle vie et même si ce n’est pas toujours facile, je peux continuer d’aimer, d’être aimé, de m’épanouir et de relever des défis!


Finalement, je me suis présentée en pleine forme sur la ligne de départ. J’ai marché, un pas après l’autre. Accompagné de mon amoureux (qui aura poussé un fauteuil vide sur les 3 km), de mon amie et sa fille, ainsi qu’un confrère amputé et sa conjointe, j’ai avancé. Sans trop réaliser où j’en étais dans mon parcours. Seuls les médias qui nous suivaient me donnaient une idée de la distance en ponctuant les entrevues à chaque étape. D’ailleurs, j’ai adoré les voir marcher tous ensemble, tous canaux confondus. La solidarité de tous les participants qui m’encourageaient m’a donné l’énergie de continuer.

Et tout à coup, j’ai entendu la foule qui m'attendait à la ligne d’arrivée. Moi qui ne m’étais pas imposé de réussir à tout prix... Il n’était juste plus question d’arrêter si près du but. Le temps que je réalise que j’arrivais au bout du 3 km, la haie d’honneur venue m’acclamer m’a presque fait pleurer tant c’était émouvant! J’ai retenu mes larmes, car je n’avais qu’une envie : sourire à la vie!

C’est incroyable de vivre ce sentiment du dépassement de soi! Doublé à la fierté d’avoir réussi, j’ai vraiment eu l’impression de participer à aider une importante cause. Sur le chemin du retour, j’ai rencontré de nombreuses personnes qui m’ont félicité, touchées. J’ai été tout aussi ému lorsqu’une d’entre elles m’a confié avoir bénéficié cette année des services de l’organisme Accalmie. Elle était rayonnante et pleine de vie.

 

Partager via un média social